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Léonard Laborie
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Le projet

Chantier 1 Téléphone

Par Léonard Laborie - 3 avril 2010

Le réseau téléphonique est au cœur de l’établissement d’une « société de l’information et de la communication ». Il présente la spécificité d’un objet quasiment inchangé dans ses modalités de fonctionnement pour l’utilisateur, de sa création aux années 1980, puis relancé par une mutation qui étend ses possibilités sans toucher au plus fondamental de ses usages : se parler. Sans surprise, une grande variété de groupes s’est impliquée dans la gestion de ce service en réseau. Au moment d’en faire l’histoire et d’analyser la manière dont ils ont participé à faire du téléphone un bien commun, trois grandes périodes s’imposent :

- le temps d’un développement malthusien (1879-1918), durant lequel la question de l’incertitude est centrale. Incertitude quant à la demande, à la rentabilité, aux modalités d’exploitation les plus judicieuses pour l’intérêt général. La première association d’usagers, l’Association des abonnés au téléphone est créée en 1904 par le marquis de Montebello. Ses statuts, ses membres, ses actions spécifiques sont à explorer ;

- le temps de la pénurie (des années 1920 aux années 1970) Après un sursaut après la Première guerre mondiale, la France traverse plusieurs « crises du téléphone » et se retrouve classée derrière la Lituanie ou Cuba en terme de densité téléphonique. A partir de 1923, un espace d’interface est établi entre l’administration et les usagers, explicitement construit pour rendre la première plus perméable aux demandes des seconds : le Conseil supérieur des PTT s’est tenu jusqu’au changement de statut de l’opérateur en 1990. La naissance en 1969 de l’Association française des utilisateurs du téléphone (AFUT, transformée en AFUTT) marque un tournant. Dans ce large débat l’Association des ingénieurs des télécommunications semble également jouer un rôle qui dépasse très largement celui d’une organisation à but professionnel ;

- le temps de l’abondance lorsque l’on aboutit, à force d’investissements publics massifs, au réseau le plus numérisé du monde, puis à l’émergence d’une grande entreprise, France Télécom. Cette situation change les logiques de regroupement et les axes de communication et d’action des groupes impliqués. Les revendications deviennent plus complexes : accès aux nouvelles technologies, volonté de rester maître ou du moins bien conscients des évolutions qui s’accélèrent. La mise en concurrence des opérateurs change aussi les termes de ce débat : l’usager du téléphone devient un client et ses revendications recoupent de manière de plus en plus large des préoccupations de type consumériste. Dans un contexte d’effervescence et de création de nouveaux services, ce phénomène est considérablement amplifié autour de la téléphonie mobile. Avec la saturation en téléphones mobiles vient à pointer un autre débat, celui de la nocivité des ondes radioélectriques. L’Association nationale pour une réglementation des antennes de téléphonie mobile a été créée en octobre 2000, avec pour objet de « veiller à une implantation des antennes-relais de téléphonie mobile respectueuse des conditions de vie et de santé de tous ». Enfin, dans un registre différent, la privatisation de France Télécom, en faisant émerger une catégorie totalement nouvelle pour cette industrie, celle des petits actionnaires, regroupés en association, sera spécifiquement étudiée. L’internationalisation des logiques d’influence sera observée à travers le cas de l’International Institute of Communication, institution créée dans les années 1980 pour agir sur l’évolution de la réglementation dans le domaine des télécommunications.



Pour citer cet article : https://www.msha.fr/resendem/spip.php?article1
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