Protée-U devra permettre d'appréhender les interdépendances entre les composantes des dynamiques de changement, tels que les narratives, les outillages, les systèmes de contrôles, les rapports de pouvoir, les modes d'inscription des universitaires dans leurs diverses communautés scientifique, locale, etc, en croisant les résultats d'explorations menées par différents biais, différents outils et à différentes échelles.

La connaissance scientifique produite par Protée-U devra révéler et adresser la diversité et la complexité du paysage de l'enseignement supérieur, dans l'optique de venir soutenir les transformations en cours.

A cette fin, la programmation sera effectuée sur les principes décrits ci-après.

1. La diversité des approches disciplinaires, mais aussi des profils des membres du réseau Protée, sera recherchée pour faire écho à la diversité du terrain, dans une optique d'ouverture maximale.

  • Ainsi, le programme Protée-U a vocation à accueillir des projets de recherche au-delà du cercle des chercheurs spécialistes du domaine de l'enseignement supérieur, avec la mobilisation et la transposition de compétences scientifiques développées sur d'autres objets d'étude. Plus largement encore, toutes les initiatives susceptibles de  concourir aux objectifs de Protée-U seront bienvenues, qu'elles soient amenées par des chercheurs ou par des praticiens et acteurs ayant par leur expérience de terrain identifié des situations ou mis au point des pratiques susceptibles d'alimenter le travail de recherche et de venir soutenir les changements en cours.
  • Ces différentes initiatives/projets amèneront des éclairages diversifiés dans le cadre de la posture de recherche Protée-U enrichissant ainsi tant sa capacité conceptuelle qu’opérationnelle.

2. L'approche comparative sera fortement privilégiée : elle permettra de "dénaturaliser" et d'apporter un éclairage de la diversité et de la complexité des situations.

3. Les approches de recherche-action – visant la transformation de la réalité en s'appuyant sur la production de connaissances, et impliquant  aussi bien le chercheur que les acteurs locaux - seront centrales, même si  les approches académiques classiques ne sont pas exclues.

4. En termes de périmètre et d'échelle :

  • Protée-U porte sur les processus de concentration universitaire à l'échelle des sites géographiques plus ou moins larges, ou bien au sein des établissements, qu'il s'agisse de fusions ou d'autres types de concentration (par exemple en France, les associations ou COMUE)
  • Protée-U couvre à la fois les processus de concentration déjà aboutis et ceux en cours
  • Protée-U portera sur les établissements d'enseignement supérieur au sens large. Si les établissements publics sont la cible principale, les établissements privés ne sont pas exclus.
  • Protée-U pourra se développer avec une double visée : française en prenant les nombreux processus de concentration universitaire qui ont cours comme laboratoire d'étude comparative du processus de différenciation, européenne pour l'identification et l'étude contextualisée de cas d'école apportant de nouvelles pistes ou idées dans le processus de différenciation et de conduite de changements complexes. Des études comparatives au niveau européen ne sont toutefois pas exclues, si des ressources financières et humaines sont mobilisables pour le montage et la réalisation de projets comparatifs d'envergure européenne.
  • Protée-U comportera des études au niveau "macro" (européen/national/site géographique) devront permettre  la contextualisation des changements institutionnels étudiés.
  • Protée-U inclura également des études au niveau "méso" (composantes au sein d'un établissement) et "micro" (acteur individuel) viendront permettre la compréhension fine des dynamiques de changement, que l'approche comparative et le travail de contextualisation permettront d'intégrer dans une représentation systémique des changements de l'ESR.

Le concept Protée-U sur le volet recherche


Axes de recherche envisagés

Les objets de recherche suivants sont identifiés comme axes possibles de structuration du programme, susceptibles d'évolution en fonction des manifestations d'intérêt qui seront recueillies : 

  • L'élaboration des agendas avec les phénomènes d'appropriation d'initiatives de changement dont ils relèvent, les systèmes d'intérêt, les rapports de pouvoir et le déplacement des rapports de pouvoir qu'ont engendré les initiatives de changement.
  • Les processus concrets de transformation de l'organisation et de la gouvernance : outillages/normes/acteurs/structures et leur dynamique d'agencement (trajectoires dans le temps), en incluant leurs relations avec les autres acteurs territoriaux et nationaux ; impacts dans les capacités d'apprentissage avancé de l'organisation
  • Les "comportements individuels et collectifs"  dans le déplacement des ressources et contraintes induit par la mise en œuvre de la concentration.
  • Les histoires racontant  l'origine des mises en mouvement et des stratégies d'action (les "narratives") et utilisées pour asseoir les stratégies : justificatifs et/ou motricités de l'action (univers conceptuels de l'action), contenus, consensus, etc. (y compris les discours ministériels, européens etc.)
  • Les résultats obtenus au regard des objectifs annoncés (enseignement et offre de formation ; recherche; visibilité internationale enseignement et recherche ; efficacités économiques et organisationnelles), incluant tout aussi bien les résultats voulus que les impacts inattendus.
  • La cartographie des trajectoires de changement institutionnel du paysage de l'ESR européen et contextualisation/mise en perspective des processus de concentration universitaire dans les évolutions générales

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