L’objectif de cet atelier est d’appréhender les processus globaux de conduite du changement selon le point de vue des acteurs participants à l’atelier (chercheurs, praticiens, experts,…).
Les propos suivants sont le fruit d’une synthèse des échanges qui se sont déroulés pendant l’atelier. Cette synthèse a été validée par l’ensemble des acteurs présents et revisité dans sa mise en forme pae son animateur pour le rapprocher d'une logique de problématisation retenue par les comptes rendus des autres ateliers. C'est ainsi que plusieurs points ont été retenus.

1. La place à accorder à la tactique et à la stratégie dans les processus de changement

Il a été admis que ces notions qui sont couramment admises comme allant de soi, dès lors qu'on évoque des logiques d'acteurs à tous les niveaux, au-delà des approches étymologiques, théoriques et des représentations qu’elles évoquent pour chacun des acteurs, ont besoin, pour être pertinentes, d’être traduites dans un vocable contextualisé et opérationnel dans la conduite des projets. Le changement est une opération.

2. La place à donner à la loi comme moteur du changement: sa force contraignante et l'importance des textes d’application

D'un point de vue des problématiques et dans le contexte français, la question posée ici est celle de la place respective qu'il faut accorder aux textes de loi votés par le parlement et les textes d'application mis en forme par les administrations concernés, avec un double aspect : leur caractère contraignant pour orienter les changements ; l'importance des écarts entre la loi et les textes d’application peuvent être des sources de distorsions pouvant éventuellement aller jusqu'à des injonctions paradoxales. Ainsi se pose la question de savoir jusqu'où, dans la conduite du changement, ces écarts sont pris en compte ainsi que le degré de prescription que peut avoir le cadre normatif. Cela soulève le besoin d’analyser le degré d’autonomie des acteurs du changement au sein de ce qui peut être considéré comme un méta-cadre, avec les degrés de liberté possibles pour chacun. Dans cette perspective, un examen des niveaux de créativité vis à vis de la permissivité de la loi doit être exploré avec attention.

3. La pertinence de la notion de culture commune pour le pilotage du changement : l'intégration ou l'appropriation?

La question du pilotage du changement soulève la question de la place susceptible d'être accordée à l’acquisition par les acteurs d’une culture commune. S’agit-il véritablement d’une question de culture ou bien plutôt d’une intégration et d’une appropriation dans le temps ? Dans le cadre de ce qui est nécessairement un processus quelle est l’importance qui doit être accordée à la temporalité ? La réflexion sur le terme de culture commune conduit à soulever l'hypothèse inverse qu’il existe des cultures différentes et à regarder comment, dans ce cas, se font les adaptations et les dispositifs mobilisés pour travailler ensemble ? En prolongement de la prise en compte du temps dans le pilotage les processus de changement comment prendre en compte ce qui serait une capacité de résilience plus ou moins collective des acteurs concernés, en particulier en prenant en compte leurs seuils d'acceptabilité de ces changements.
Dans le même esprit il serait intéressant de s'interroger sur les places que peuvent jouer dans le pilotage des processus de changement, des processus d’externalisation ou d’instrumentalisation de certains services externes par la présidence ou par d'autres acteurs.

4. Le pilotage du changement en lien avec le rôle de l’université tel qu’il est défini par la loi

Comment les établissements de l'enseignement supérieur pensent-ils le changement en lien avec les missions de l’université relatives aux questions de formation, de territorialité, de recherche en relation avec  des logiques de hiérarchie de disciplines et de pouvoir de domination dans le cadre d'un territoire donné. Cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que les logiques nationales se voient incorporées dans des logiques européennes et qu'en plus, les espaces de décision risquent d'être bientôt beaucoup moins aux mains des institutions. Dès lors, comment les pilotes du changement cherchent-ils à gagner en cohérence dans une logique d’acteur en lien avec les attendus sociétaux obligeant les universités à ne plus être tournées sur elle-même.

5. Les composantes de la conduite du changement appréhendées sous l’angle du processus d’alternance et de l’étude des pratiques

Pour être pertinentes  les approchent du pilotage du changement sont à définir selon une démarche utilisant les processus d’alternance théorie pratique. Le terrain, les expériences de fusion abouties, en cours ou qui ont échoué doivent être le creuset empirique de recueil d’éléments descripteurs de la conduite du changement, étayés par des théories et des méthodologies de la recherche. La recherche doit être un véritable outil d’appui aux contextes étudiés. C'est cette vision qui conduit à mettre l'accent sur l'importance pour ce type de recherche de constituer des équipes composées de chercheurs et de praticiens. La description des pratiques des acteurs et des universités favorise l’acquisition de ressources et d’outils fondamentaux aux démarches d’accompagnement.

6. Changements et résultats : quel degré d’imprévisibilité ?

Les résultats imprévus sont très fréquents par rapport au pilotage et aux prévisions. Quels sont les processus qui ont permis d’avoir ses résultats ? Les logiques universitaires s’inscrivant dans des logiques plus larges, ces aspects sont d'autant plus importants à saisir que, par exemple, la complexité s'inscrit dans des logiques de territoire et de compétitions, en particulier pour l'accès à des ressources. Dans cette perspective, il peut apparaître des effets d’aubaine intéressants à étudier.

7. Degré fusion-changements

La conduite du changement peut être étudiée au travers de changements n’ayant pas concernés des processus de fusion. Ces changements sont le creuset d’analyse d’éléments déterminants dans le recherche des composantes du changement sans pour autant que ces changements aient conduits à des fusions.

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