Professeur, doyen et recteur de l’Académie de Bordeaux, né à Paris le 10 mai 1810, mort à Bordeaux le 18 septembre 1878. Trente-sept ans professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux, en Littérature ancienne, Jean Dabas, normalien, agrégé, docteur,  culmine sa carrière en passant de doyen de la Faculté à recteur de l’Académie de Bordeaux. Fit ses études aux collèges royaux de Louis-le-Grand et St-Louis. Ancien élève de l’École normale [octobre 1829], classé deuxième sur dix élèves reçus. Sont reçus cette année, dans l’ordre alphabétique : Alfred Barry ; Louis Cappelle ; François Collet; Jean Dabas ; Alexandre Desmaroux ; Emilien Hamel ; Alexandre Huguenin ; Pierre Lafaist [orthographié parfois Lefaist] ; Henri Monin ; Denis Roux ; Jean Baptiste Vendryès. A la sortie de l’École, Jean Dabas soutient son doctorat ès-lettres [Paris, 25 juillet 1832], avec une thèse de littérature sur Aristophane [Paris : impr. de J. Smith. La thèse philosophique en latin [4 juillet 1832] porte sur Dissertationem de gnomica Graecorum philosophia [Paris, impr. de J. Smith]. Pour la Faculté de Paris, les doctorats de 1832 sont ceux de Alfred Barry [1809-1879], futur professeur à la Faculté des lettres de Toulouse ; de Jean Dabas ; P. L. Mesnard futur proviseur de lycée ; Émilien Hamel [1809-1889], futur professeur à la Faculté des Lettres de Toulouse. La même année, quelques mois plus tard, Jean Dabas est reçu à l’agrégation des lettres en 1832. Sont reçus cette année, dans l’ordre de classement : Jacques Demogeot, Antoine René-Pugin, Jean Dabas, Emilien Hamel, Armand Mondot, Paul Mesnard, Auguste Nisard.

Après l’agrégation, est chargé d’enseigner les humanités au collège royal de Tours [1832-1833], puis au collège royal de Nîmes [1833-1834], au collège royal Orléans [1834-1838]. La Faculté de Bordeaux, avec vingt-deux autres facultés, est créée en 1810, dans le cadre de l’Université impériale. Mais en 1816, avec la seconde Restauration, dix-sept académies sont supprimées par l’arrêté du 31 octobre 1815 de la commission de l’Instruction publique, présidée par Paul Royer-Collard [1763-1845], arrêté confirmé par l’ordonnance royale du 18 janvier 1816. C’est le cas de la Faculté de Bordeaux. Elle est recréée en 1838, sous le premier ministère d’Achille de Salvandy [1795-1856], ministre de l’instruction publique [15 avril 1837-31 mars 1839], dans le deuxième ministère Molé [15 avril 1837-31 mars 1839]. Jean Dabas est nommé professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux [18 septembre 1838], dans la chaire de Littérature ancienne au moment de la re-création de la Faculté. Dix ans après, édite le Discours prononcé le 28 novembre 1848, pour la reprise du cours de Littérature ancienne [Bordeaux : impr. de P. Coudert, 1849]. En 1850, est élu membre de l’Académie impériale  des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. En 1862, en devient président.

Élu doyen de la Faculté des lettres de Bordeaux en 1851 [1851-1875]. Il succède ainsi à Joseph François Rabanis [1798-1861], professeur d’Histoire à la Faculté, élu doyen depuis 1838, et qui vient d’être nommé chef de bureau au ministère de l’Instruction publique.En devenant recteur de l’Acdémie de Bordeaux [1875] est remplacé comme doyen par Philippe Jacques Roux [vers 1806-1887], professeur de Littérature française. En août 1875, est nommé recteur de l’Académie de Bordeaux. Le ressort de l’Académie couvre les cinq départements : la Gironde, la Dordogne, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Basses-Pyrénées. Il succède à Jean Marie François Séguin [1823-1913] qui occupe le poste de janvier 1874 à septembre 1875. Jean Chrysostôme Dabas reste en fonction à Bordeaux jusquà sa retraite [mai 1878]. Il est ensuite remplacé pendant un an par Charles Marie Zévort [1816-1887] qui avait été déjà recteur de l’académie de Bordeaux de 1867 à 1874.

Ses discours et rapports académiques obtinrent de brillants succès. On connaît de lui : Discours prononcé par M. Dabas, professeur, le 28 novembre 1848, pour la reprise du cours de littérature ancienne; Etude sur Lucrèce et le poème de la nature, Bordeaux, 1850; De la comédie d’Aristophane, intitulée les Ecclésiazuses ou l’assemblée des femmes, Bordeaux, Gounouilhou, 1854; Du génie grec et du génie romain, Bordeaux, 1859 ; Callimaque ou les poètes du Musée d’Alexandrie, Bordeaux, Gounouilhou, 1859; Rapport sur le concours de poésie de 1860, Bordeaux, Gounouilhou, 1861; Opuscules académiques, Bordeaux, Gounouilhou, 1863; De l’argumentation de Platon contre la poésie imitative, épique et dramatique, Bordeaux, Lafargue, 1864; Mémoire sur quelques poésies de saint Ephrem, Paris, Imp. impériale, 1864; La femme au IVe siècle d’après les poésies de saint Grégoire de Nazianze, Bordeaux, Crugy; A propos de Shakespeare ou le nouveau livre de Victor Hugo, Bordeaux, Vve Justin Dupuy, 1864; Du sentiment de la nature dans Homère, Bordeaux, 1874. M. Dabas fut l’un des professeurs les plus distingués de notre Faculté des lettres. Il était profondément versé dans l’étude des littératures anciennes; esprit fin, incisif et délicat, son goût était très sûr. On doit regretter qu’il n’ait pas consacré plus de temps à la critique littéraire où il excellait.

Référence

Annuaire de l’Association des anciens élèves de l’École normale, notice de Th. Froment. 1879, p.29-30.
Edouard FERET, Statistique générale du département de la Gironde, t.3, Biographie, Bordeaux-Paris, Feret et Fils, G. Masson, Emile Lechevalier, p. 162.

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