Le temps des tabliers

Ecrivain

Née en novembre 1939 à Corbères, village béarnais  du Vic-Bilh, Marie-Louise Darjour-Audipont livre ses souvenirs d’enfance et d’adolescence. Plusieurs chapitres concernent l’école :

Description


Notice bibliographique

Marie-Louise Darjour-Audipont, Le temps des tabliers, Cressé, Éd. des Régionalismes-PyréMonde-Princi Negue, 2011.

Extrait

Ch. V – Je rentre à l’école

L’unique classe de l’école regroupait garçons et filles. « Dirigée par un maître û reyèn ou une institutrice û reyènete » ….
« Les tilleuls au nombre de six, ombrageaient une partie de la cour, permettant les parties de cache-cache, de quatre coins. Dès les premières chaleurs, ils nous fournissaient de l’ombre. Début juillet, les fleurs odorantes venaient garnir leurs nombreuses branches. Devant des rameaux coupés, les grands élèves se voyaient inviter à les dépouiller de leurs fleurs. Le produit de cette récolte serait vendu à un pharmacien en vue de futures tisanes. Cette vente revenait à la bourse de l’école. Elle servait à divers achats »…
« J’allais apprendre à lire, à écrire, et aussi à parler correctement le français. Comme beaucoup d’enfants, j’avais appris en première langue le patois béarnais : la langue d’oc avec quelques variantes »…  « A l’époque, un des atouts d’un instituteur consistait à connaître un peu de patois, lou patoès, pour comprendre ses petits élèves. »
« Les murs de la classe étaient tapissés de grands cartes de géographie de France et d’ailleurs »… « Des tableaux noirs posés sur des chevalets ou fixés au mur étaient disposés dans la pièce. Le poêle à bois trônait au centre avec son gros tuyau qui se dirigeait vers le plafond, tournait et sortait ensuite par un trou dans une vitre des grandes et hautes fenêtres qui ne nous permettaient pas de voir l’extérieur. »

Ch. VIII – Ecole, campagne et catéchisme

« Les filles, à jours fixe, nous avions des travaux manuels. Ce jour-là, nous emmenions notre petite trousse de couture. Nous apprenions à exécuter des points de croix, de tige, d’épine, de lancer sur des canevas. Sur des bouts de vieux draps, nous devions fignoler des surjets, des points avant et arrière. Plus tard viendraient les boutonnières, les reprises, les coutures rabattues, et le montage, laborieux, de pièces destinées à masquer trous et déchirures. Un petit cauchemar. »

Ch. XV – Ecole et poésies

« Je regrettais un peu le temps des frises. Dans les premières années scolaires, chaque leçon de nos cahiers devait être séparée par une bande aux traits bien tirés à la règle, garnie de motifs imaginés par l’élève et colorés à sa convenance. C’était un moyen d’agrémenter nos cahiers et pour l’instituteur l’occasion d’occuper ses petits élèves pendant qu’il gérait le programme des grands. »…
« Nous apprenions des récitations légères, sincères ou larmoyantes à souhait. »
Quelques poésies apprises et retenues….Le dormeur du val de Rimbaud, Saison des semailles. Le Soir de Hugo, L’adieu à la Meuse de Péguy, le Pélican de Musset, Hymne et les pauvres gens de Hugo, Les Fables de La Fontaine, le Marché d’Albert Samain, la Complainte du Petit cheval de Paul Fort, La mort du loup  de Vigny

CH XVIII  Certificat et certificat

[En juin 1953, j’ obtiens mon certificat d’études] «  doublé d’une mention stipulant que j’avais subi avec succès les épreuves du Brevet Sportif Populaire Scolaire, fruit de nos entraînements à l’école concrétisés par le Lendit annuel. »…
Je fus envoyée à Lembeye quelques après  midi par mois pour y préparer un Certificat  d’Études Post-scolaires ménagères agricoles. »