MSHA

Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine



Axe 1 : Dynamiques locales de la mondialisation : les Afriques en perspective



L'Afrique dans la diversité qui caractérise ses territoires, ses systèmes politiques, légaux, sociaux et économiques, n'échappe pas plus que les autres continents à la mondialisation. Ce terme prête à contestation en raison de l'extrême diversité de ses définitions. A titre provisoire, la mondialisation est définie ici en accord entre les différents partenaires du projet, comme : l'irruption systématique et généralisée - à des degrés de densité variables - à tous les niveaux et dans tous les aspects de la vie sociale, d'enjeux, de modalités d'organisation, de représentations, de modèles culturels et de savoirs, d'outils et de ressources, de biens et de services produits au nord conduisant à réduire les espaces d'autonomie de l'Etat nation et à favoriser la constitution de rapports sociaux et économiques contournant les territoires et s'appuyant sur des réseaux qui donnent naissance à de nouvelles représentations du monde en partie non territorialisées.

Pourquoi étudier cette problématique à partir des Afriques ? Les conditions pour une possible mondialisation apparaissent au nord et fondent l'hypothèse du renforcement d'une triade hiérarchisée venant ancrer la gestion des innovations technologiques au nord. Le nord impose ses modèles et sa domination, mais ceux-ci ne sont que des enjeux sociaux qui, en tant que tels, font l'objet de pratiques et d'usages différenciés. Tester cette problématique à partir des Afriques prend alors tout son sens : la plupart des Etats africains se trouvent placés en situation de périphéries par rapport au centre industriel et libéral. C'est dans ces Etats que se perçoivent sous leur forme la plus extrême les phénomènes d'imposition/importation des modèles. C'est aussi dans ces Etats aux dynamiques très différentes les unes des autres que se notent le plus clairement les différences de stratégies des acteurs, les divergences d'interprétation et de déclinaison des innovations et les réactions. Cette plus grande visibilité des dynamiques en cours permet de concevoir les Afriques comme des terrains privilégiés pour identifier celles dont on pourra tester par la suite l'existence ailleurs. L'analyse des facteurs de la marginalité des Afriques pourrait permettre des rapprochements comparatifs avec des situations politiques et sociales locales en Europe par exemple. Par ailleurs, compte tenu de leurs diversités et de leur expérience de la marginalisation, les Afriques occupent une place à part dans la mondialisation. L'analyse des dynamiques locales de la mondialisation suppose de confronter en permanence ces dynamiques ainsi identifiées à celles qui se développent ailleurs au sud et au nord. Cette ouverture comparative s'avère nécessaire à un double titre : - d'abord, parce qu'étudier les dynamiques locales de la mondialisation suppose de s'intéresser à tous les lieux d'accueil et de départ des flux qui matérialisent la mondialisation et sa socialisation ; les dynamiques locales sont directement liées à des enjeux et des stratégies extérieures, il existe des effets permanents " d'aller-retour " entre tous les pôles reliés par les flux qui expriment la mondialisation ; - ensuite, parce qu'il s'agit ainsi d'essayer de comprendre comment des phénomènes qui apparaissent comme purement africains dans la littérature relèvent en fait souvent d'analyses bien connues dans les pays du nord affectées d'étiquettes fort différentes ; et inversement. La trame de l'ensemble des analyses menées dans le cadre de ce projet sera de : - désigner précisément le phénomène de la mondialisation et ses manifestations concrètes : les flux d'idées ou de représentations, les flux de produits, les flux de technologies, - identifier les vecteurs de la mondialisation, - analyser les stratégies d'acteurs, - évaluer l'impact possible de ces dynamiques sur l'organisation des espaces et des espaces publics nationaux.

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