Les régimes de santé de l'antiquité à la renaissance

26 mai 2011

Journée d’études internationale

Organisée par Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux 3) et Jacqueline Vons (Tours, CESR), dans le cadre du programme de recherches quadriennal (2011-2014) interuniversitaire « Formes du savoir - 1450-1750 », dirigé par V. Giacomotto-Charra et P. Duris.

Depuis l’antiquité, les traités médicaux distinguent les régimes visant à restaurer un état de santé affecté par la maladie ou le traumatisme des « régimes de santé », destinés à maintenir la bonne santé du corps et de l’esprit.

Cependant, comme le souligne Marylin Nicoud, la diététique a souvent été considérée comme un hors champ du savoir scientifique, et « ces lacunes n’ont pas seulement touché la diététique en tant que discipline intellectuelle et branche du savoir médical, mais aussi ses prolongements pratiques, qui s’incarnent dans une production littéraire spécifique que l’on a pris l’habitude, depuis l’époque médiévale, de désigner sous le nom de « régimes de santé »1. Or si le genre est loin d’être tari lorsqu’on arrive aux xvie et xviie siècles, il demeure encore très largement inexploré. L’objectif de cette première journée d’étude est de mieux cerner cette forme de savoir et demontrer en quoi elle est partagée entre l’héritage du passé et les questionnements qui traversent la Renaissance. On portera une attention particulière à la matière médicale du régime, aux modes d’écriture mais aussi aux enjeux professionnels, sociaux et politiques de tels traités.

L’abondance de traités généraux ou catégoriels (pour les femmes, les vieillards, les princes et les rois, mais aussi pour les « mélancoliques » et les savants, selon les saisons et les lieux, etc.) suscite plusieurs questions qui n’ont pas encore été résolues: dans quelle mesure ces régimes écrits par des médecins sont-ils ou non un lieu privilégié pour l’élaboration d’une nouvelle forme de médecine pratique, éventuellement différente du savoir enseigné à l’université, qui suit l’évolution des mœurs, us et coutumes des différents milieux géographiques ou sociaux dans lequel ils s’inscrivent ? La diversité des formes (usage du vernaculaire et du latin, place des anecdotes et du récit d’expérience, etc.) permet-elle de définir une écriture des régimes de santé, les caractéristiques d’un genre destinées à séduire le lectorat et le public autant qu’à l’instruire ?

À terme se posera la question du lectorat et du public auxquels ces traités sont destinés (destinataires officiels et officieux), et de la position du médecin (conseiller ou prescripteur). Le régime conseillé à un individu particulier peut-il participer de la naissance d’une politique de santé publique ?

1 M. Nicoud, Les Régimes de santé au Moyen Âge : naissance et diffusion d’une écriture médicale, xiiie-xve siècles, Rome, École française de Rome, 2007, p. 22-23.

 

 

Participants

- Danielle GOUREVITCH, (EPHE, Président d’honneur de la SFHM), « Le régime de la nourrice dans la médecine romaine ».

- Jean-Paul PITTION, (Tours CESR), « Régime de santé et vie sexuelle à la Renaissance »

- Jacqueline VONS (Tours, CESR), « J. Le Paulmier : vin ou cidre médicinal? Les retombées médicales et économiques ».

- Geneviève XHAYET (Liège, Belgique), « La cure thermale à Spa au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle ».

- Magdalena KOZLUK (Lödz, Pologne), « Vrays courriers et messagers de l’âme » – L’alchimie des cinq sens dans les régimes de santé du XVIe et XVIIe siècles. »

- Hervé BAUDRY (Centro de História da Cultura Universidade de Lisboa, Portugal), « L. Lessius, Vray regime de vivre (dans la traduction de S. Hardy, éd. 1624) »

- Violaine GIACOMOTTO-CHARRA (Bordeaux 3 - MSHA), « Le Régime de santé, lieu de constitution des savoirs nouveaux : l’exemple du Pourtraict de la santé de Joseph Duchesne »

 

ImprimerE-mail