Publications de J. Vons

 

Le médecin, les institutions, le roi.
Médecine et politique aux XVIe-XVIIe siècles

Paris, Cour de France.fr, 2012.

Ouvrage numérisé inédit mis en ligne le 1er avril 2012 dans le cadre du projet de recherche "La médecine à la cour de France (XVIe-XVIIe siècles)", http://cour-de-france.fr/article234....

L’ouvrage résulte de recherches menées dans le cadre du projet La médecine et la Cour de France, soutenu par le Centre d’études supérieures de la Renaissance (projet de recherche quadriennal 2006-2010) de l’Université François Rabelais de Tours et par Cour de France.fr. Le milieu sur lequel a porté cette étude est celui des médecins issus majoritairement de la Faculté de Médecine de Paris aux XVIe et XVIIe siècles, dans un contexte qui voit naître les premières tentatives du pouvoir royal pour coopérer avec les médecins dans l’intérêt public, mais aussi pour obliger la Faculté de Paris à accepter des changements de doctrine et de thérapeutique. Des données épistémologiques encore peu étudiées, par exemple l’existence d’un courant hippocratique fort – et de ses dérivés modernes - à l’intérieur d’une faculté généralement présentée comme un bloc galénique ont pu être ainsi dégagées. Cette étude est couplée avec la base de données Le Monde médical à la Cour de France, régulièrement mise à jour : http://cour-de-france.fr/article655.html

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Le médecin, les institutions, le roi.

Jérôme Fracastor, La Syphilis ou le mal français

Syphilis sive morbus gallicus.

Texte édité, traduit, présenté et annoté sous la direction de Jacqueline Vons, avec la collaboration de Concetta Pennuto et de Danielle Gourevitch, et le concours du Dr Jacques Chevallier, Paris, Les Belles Lettres, 2011 (coll. Les classiques de l'humanisme), CII et 168 pages. ISBN : 978-2-251-34499-7.

Dans le vaste panorama des noms donnés à une infection d’une contagiosité et d’une gravité extraordinaires qui se diffusa à travers l’Europe à la fin du XVe siècle, prend place un hapax, le nom de «syphilis» qu’un médecin, poète et philosophe italien donna pour titre à un poème sur la maladie ; comment la Syphilis de Jérôme Fracastor, publiée à Vérone en 1530, devint le nom scientifique de la maladie est un phénomène probablement unique.

Dédié à P. Bembo, le poème s'établit rapidement comme un des chefs-d'œuvre de la literature néo-latine et prit place parmi les épopées des temps nouveaux : «De nostre temps, Fracastoro s’est monstré tres excellent en sa Syphilis», écrira Ronsard. Mais c’est aussi l’œuvre d’un médecin. Fracastor décrit les signes et les remèdes de la maladie connus à son époque, mentionne ses différents modes de transmission et crée un mythe onomastique promis à un brillant avenir.

L’introduction (CII pages) comprend plusieurs parties : elle s’ouvre sur un développement qui situe le nom de « syphilis » dans l’histoire des noms de la maladie (1. D. Gourevitch). Le poème, la Syphilis de Fracastor, d’abord replacé dans le contexte biographique, historique et culturel de son auteur et de sa composition (2. C. Pennuto et J. Vons), est analysé dans sa double fonction, épique et didactique (3. J. Vons), puis suivi dans sa double postérité, littéraire et scientifique (4. J. Vons). Après un rappel de la tradition éditoriale, une note sur le texte décrit les quatre éditions qui ont servi à l’établissement du texte et formule les principes de la présente édition (5. C. Pennuto).

Traduction annotée (J. Vons) en regard du texte latin (C. Pennuto).

Annexes : glossaire, lettres de Bembo et commentaires de Scaliger, bibliographie ((J. Vons) ; note sur Alfred Fournier (1832-1914), syphiligraphe et latiniste (Dr. J. Chevallier).

 

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Pouvoir médical et fait du prince au début des temps modernes

Édité par Jacqueline Vons et Stéphane Velut,

Coll. Medic@, Bibliothèque interuniversitaire de Santé, De Boccard, Paris, 2011.

ISBN : 978-2-915634-14-3

Ce volume rassemble les actes du colloque international qui s’est tenu les 17 et 18 juin 2010, au Centre d’É́tudes Supérieures de la Renaissance et à la Faculté de Médecine de l’Université François Rabelais de Tours, dans le cadre élargi du programme « La médecine à la cour de France ». Les différentes contributions étudient la nature et les enjeux des relations complexes entre le médecin et le prince à la Renaissance et au début des temps modernes, à travers quelques figures emblématiques présentes au quotidien ou lors d’événements marquants dans les cours d’Europe ; Vésale, Paré, mais aussi Nostradamus, Duchesne, Mathys, de Heer, Rochefort … sont autant de facettes variées, parfois contradictoires, du médecin de cour. Si les interventions accrues du pouvoir royal dans les instances d’enseignement et de soins constituent les premières tentatives de codification de la profession, le médecin chargé de la santé du prince, connaissant son intimité en même temps qu’il doit rendre compte publiquement de sa pratique, jouit d’un statut privilégié, bien qu’incertain. La prescription et la prise de décision sont les marques de l’influence qu’il prétend exercer sur le corps et l’esprit de ses patients ; elles sont fondées sur un savoir disciplinaire, parfois sur un esprit de corps, mais plus souvent encore traduisent une véritable curiosité pour les innovations thérapeutiques (parfois encouragées ou mises à la mode par les princes) et pour les débats d’idées, reflets d’une culture à un moment précis de l’histoire.

Liste des auteurs :

J. Allemand, E. Berriot-Salvadore, V. Giacomotto-Charra, R. Gorris, M. Kozluk, D. Lippi, A. Lunel, S. Perez, J.-P. Pittion, P. Saint-Martin, S. Velut, J. Vons, G. Xhayet.

 

Pratique et pensée médicales à la Renaissance

Ce volume contient les actes du Colloque international d’études humanistes du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (Université François Rabelais de Tours et CNRS-UMR 6576), qui a réuni près de quarante chercheurs de disciplines, de formations et de pays différents autour d’un thème fédérateur et spécialisé : l’étude de la pratique et de la pensée médicales à la Renaissance.

Cette période de profondes transformations a vu se côtoyer et s’opposer des théories anciennes et novatrices, des pratiques héritées du passé et des innovations sur le plan technique et thérapeutique. Outre l’étude des textes écrits du XVe au XVIIe siècle par des médecins qui ont réfléchi à la nature et à la finalité de leur art, ont été sollicités et mis en œuvre les résultats de découvertes archéologiques et d’examens scientifiques contemporains pour appréhender dans sa richesse et sa complexité la situation de la médecine à la Renaissance. En ce sens, le colloque a également permis une réflexion sur la médecine d’aujourd’hui, au cœur des débats scientifiques, éthiques et politiques concernant l’homme, sa santé et son environnement.

Liste des auteurs :

R. Adam, J. M. Agasse, D. Bacalexi, M. Biesbrouck, M. Caire, C. Campana, P. Charlier, S. Charreaux, P. Georges, L. Gerbier, D. Gourevitch, H. Hirai, R. Halleux, M. Kozluk, C. Kramar, M. L. Monfort, M. Nicoud, C. Pennuto, J. P. Pittion, M. E. Scheffer, C. van Hoorebeeke, M. Viallon, C. Viel, C. Warolin, V. Worth-Stylianou, G. Xhayet.

 

André Vésale, Résumé de ses livres sur la fabrique du corps humain.

Jacqueline Vons et Stéphane Velut

Texte et traduction par Jacqueline Vons. Introduction, notes et commentaire par Jacqueline Vons et Stéphane Velut

CXXI-282 p- cahier de planches. Paris, Les Belles Lettres,  "Science et humanisme", 2008.

Voilà près de cinq cents ans que naissait à Bruxelles celui que l'on surnomma le « père de l'anatomie moderne ». André Vésale et son œuvre sont à l'origine de centaines de pages critiques, d'éloges et de polémiques dépassant largement le cadre médical. Abraham Bosse utilisa les figures anatomiques des traités de Vésale pour enseigner le dessin du corps humain en perspective. Baudelaire, fasciné, rêva devant des planches du « squelette laboureur » vendues sur les quais de la Seine. Ses livres furent copiés dans toute l'Europe pendant deux siècles au moins.

Il reste à montrer l'apport de Vésale sur le plan scientifique. Le Résumé des livres sur la Fabrique du corps humain, que nous éditons et traduisons aujourd'hui, fut publié par Vésale en 1543. Ce n'est pas seulement un résumé en matière d'anatomie destiné aux étudiants, mais un ouvrage d'une indéniable originalité de méthode, qui construit le savoir à partir de l'observation et du raisonnement. Pour comprendre ses innovations, mais aussi ses limites, il a fallu replacer Vésale dans son milieu, dans l'enseignement universitaire de son temps, à Padoue en particulier, et dans le contexte des livres d'anatomie de la première moitié du XVIe siècle, écrits en latin, avant d'en recenser les copies et imitations ultérieures. Si le texte descriptif de l'Epitome se limite au minimum de connaissances à acquérir par l'étudiant, les planches mettent sous ses yeux l'intégralité du savoir anatomique enseigné par Vésale. Ces planches sont légendées, indépendantes du texte, et sont destinées à être découpées et manipulées pour « fabriquer » un corps humain en papier.

Notre traduction du texte et des légendes des planches est la première traduction en français moderne. On constatera que la terminologie anatomique mise au point par Vésale est en grande partie à l'origine de la nomenclature anatomique internationale contemporaine. Celle-ci est systématiquement mentionnée, en même temps que le commentaire historique, philologique et anatomique (incluant identifications, explications et hypothèses) nécessaire à la compréhension. Pratiquement toutes les structures signalées par des lettres sur les planches ont été identifiées ; la description de certaines de ces structures de dissection particulièrement difficile révèle chez Vésale une extraordinaire acuité du regard. Le cahier de planches permet d'apprécier la précision scientifique du dessin en même temps que sa beauté.

 

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