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Programme Journée Savoirs du vin

Programme

 

 

 

 

Programme

 

Jeudi 10 janvier - 13h30-17h30 - Institut des Sciences de la Vigne et du Vin

13h15 - Accueil

13h30 - Armelle Deschard (Bordeaux 3) et Jacqueline Vons (Tours) : Présentation du projet De vino

13h50 - Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux 3 - MSHA): Introduction

14h15 - Laurent Paya (Montpellier): De la treille aux 'vignettements' : la vigne comme figure ornementale du jardin et des décors.

14h45 - Consolacion Baranda (Madrid) : La vigne et le vin dans l’Agricultura General de G. Alonso de Herrera (1513): le savoir-faire empirique et le savoir des Agronomes.

 

15h15 : discussion et pause

 

16h00 - Marthe Paquant (Lyon) : Fousser, ligotter, bignoter… le vocabulaire de la vigne et du vin chez Olivier de Serres.

16h30 – Jacqueline Vons (Tours) : Un tour de France des vins : J. Le Paulmier, De vino et de pomaceo (1589)

17h15 : discussion

 

Vendredi 11 janvier - 9h30 - 12h30 - Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine

9h30 - Magdalena Kozluk (Lodz): L’art de boire du vin dans les régimes de santé des XVIe et XVIIesiècles.

10h00 - Didier Kahn (Paris) : Paracelse, l'antimoine et le vin émétique.

10h30 - Denis Huë (Rennes) : Le vin à Rouen. La vigne et la Vierge, gouel et triballe.

11h00 : discussion et pause

 

11h45 : Conférence de clôture :  Grégory Chambon (Brest) : Bien avant la Renaissance... Le vin  à l’époque d’Hammurabi.

 

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Comment se rendre sur les lieux de la journée ?

Pour l'ISVV : 210, chemin de Leysotte. Villenave d’Ornon.

Bus 87, « Parc Sourreil » (bus accessible depuis le tram B, arrêt « Arts et métiers » ou « Pessac centre »)

http://www.isvv.univ-bordeauxsegalen.fr/

Pour la MSHA : tram B, arrêt "Montaigne - Montesquieu" ou "Unitec".

http://www.msha.fr/

 

Résumés des interventions

Laurent Paya (Montpellier)

De la treille aux « vignettements » : la vigne comme figure ornementale du jardin et des décors

La vigne est au nombre des « choses » délectables cultivées au Jardin de plaisir renaissant. L’arbrisseau aux longs rameaux sarmenteux y est treillagé, « eschalassé » ou « marié aux arbres » pour ses fruits et son ombrage. A la façon des Pergula in vineis de Columelle, les tiges ligneuses sont conduites en auvents ou berceaux, simples ou doubles, grâce à des perches d’osier et des pilotis de chênes. Les cépages de « bourdelais » blanc et rouge conviennent à cet usage ; il est souhaitable de les associer sur un même ouvrage, afin de reproduire en hauteur l’assemblage bicolore des variétés d’œillets et de rosiers du jardin. À l’intérieur de la demeure ou à la surface des objets, les artistes tracent, peignent ou sculptent ces enroulements de thyrses et de pampres ; car dans la culture humaniste, la vigne revêt une « signification hiéroglyphique » que l’on « transplante » dans ses représentations décoratives. Ce sont les «vignettes » qui expriment la gaieté et l’abondance à toutes échelles, depuis les frises architecturales jusqu’aux motifs ornementaux des livres imprimés. Ce rapport de contiguïté a donné le mot « vigneter » qui désigne à la fois la technique de jardinage pour conduire la vigne en treillage et l’art de figurer des rinceaux d’ornement de vigne, d’acanthe, de lierre, ou de toutes autres plantes.

Consolacion Barranda (Madrid)

La vigne et le vin dans l’Agricultura General de G. Alonso de Herrera (1513): le savoir-faire empirique et le savoir des Agronomes.

L’Agricultura general est le premier traité agronomique de la Renaissance européenne rédigé en langue vernaculaire ; il a été traduit en italien, latin et français durant le XVIe siècle. Il est divisé en six livres, dont le second est consacré à la culture du raisin, la vinification et les propriétés du vin. Alonso de Herrera ajoute au savoir des autorités anciennes – latines, médiévales et arabes – les leçons apprises lors de ses voyages en Italie et en France, en développant aussi ses propres observations. Son but n’est pas l’innovation, mais l’amélioration des pratiques agricoles dans la Castille de son temps ; le résultat est un livre spécialisé et en même temps d’une qualité littéraire remarquable.

Jacqueline Vons (Tours)

Un tour de France des vins : J. Le Paulmier, De vino et de pomaceo, 1589.

La première partie du traité du médecin Julien Le Paulmier se présente sous la forme d’une petite encyclopédie du savoir et de la pratique œnologiques, qui n’est pas sans rappeler la méthode de Pline l’Ancien dans l’Historia naturalis : l’auteur énumère les différentes régions propices à la culture des vignes et analyse les qualités des vins qui y sont produits, qualités gustatives (âcreté, douceur…) et visuelles (couleur, blanc, rouge, noir, transparence, opacité…) essentiellement ; il décrit les modes de fabrication, la durée optimale de conservation, l’évolution des vins, les usages spécifiques et médicinaux des différents terroirs, dans un savoureux mélange de niveaux de langue où l’érudition le dispute au pragmatisme.

Marthe Paquant (Lyon

Fousser, ligotter, bignoter… le vocabulaire de la vigne et du vin chez Olivier de Serres

L'ouvrage d'Olivier de Serres, Le Théâtre d'agriculture et mesnage des Champs (1600) est le premier grand traité d'agriculture paru en France ; ses nombreuses rééditions jusqu'à aujourd'hui  (la dernière chez Actes Sud en 1996) sont la preuve de l'intérêt porté à ce grand traité qui pour la première fois s'éloignait des compilations copiant les agronomes de l'Antiquité. Les spécialistes de l'agriculture ou de l'agronomie ne sont pourtant pas les seuls lecteurs attentifs d'Olivier de Serres, il est abondamment cité dans la lexicographie de Cotgrave 1611 jusqu'au Trésor de la langue française. Le pourquoi d'une telle présence s'explique par l'originalité de sa langue, riche en nouveautés lexicales, françaises ou régionales, car il lui fallait rendre compte d'expériences inédites, décrire de nouvelles techniques, plantes, plantations ou nouveaux outils. Quand les mots n'existaient pas, il lui fallait les créer ou les emprunter. Cette richesse lexicale se retrouve-t-elle dans le vocabulaire spécifique à la vigne et au vin ? c'est ce que cette communication va tenter d'établir.

Didier Kahn (Paris)

Paracelse, l'antimoine et le vin émétique.

Pourquoi, quand et comment ? C'est à ces trois questions qu'on tentera de répondre pour replacer le plus précisément possible l'invention du vin émétique dans le contexte historique de la médecine paracelsienne.

Magdalena Kozluk

L’art de boire du vin dans les régimes de santé des XVIe et XVIIe siècles

Denis Huë

Le vin à Rouen. La vigne et la Vierge, gouel et triballe

La poésie du Puy de Rouen a souvent eu recours aux figures de la vigne et du vin pour exalter la figure de Marie Immaculée; mais l'originalité de sa démarche est de dépasser les figures attendues (tige de Jessé, Pressoir mystique) pour s'attacher à la matérialité de la viniculture et de la vinification, voire de sa distribution. Le lexique, les termes techniques servent un propos mystique, souvent lui-même mis en forme par la matière qui le représente: on explorera les informations et les implications de ces textes.

Grégory Chambon : conférence de clôture

Bien avant la Renaissance.... Le vin  à l’époque d’Hammurabi

 

 

 

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Argumentaire "Savoirs du vin"

Les savoirs du vin

à la Renaissance

10-11 janvier 2013

 

C’est une évidence que d’affirmer qu’il existe une culture du vin en France, voire plusieurs cultures, en fonction des terroirs, de la manière de faire le vin, de la considération dont il jouit dans tel ou tel milieu. Les livres sur le vin sont multiples et vont de l’hagiographie à la condamnation ; les arts figuratifs ont mis en valeur les couleurs des vins, ou au contraire ont montré les hideux effets de l’ivresse ; les traités techniques, autrefois réservé aux spécialistes, ont familiarisé le grand public avec le vocabulaire de la fabrication et de la conservation du vin. C’est à cet aspect technique, plus négligé pour les siècles anciens, que nous souhaitons nous intéresser.

Le projet « Les Savoirs du vin en France de 1450 à 1750 » se présente comme un volet original du projet « Formes du savoir. 1450-1750 » dirigé par Violaine Giacomotto-Charra et Pascal Duris à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine. Il doit contribuer à l’ancrage de ce projet de recherche inter-universitaire dans le patrimoine régional, tant matériel qu’immatériel, tout en mettant en avant la question des formes du savoir à partir d’une question spécifique et limitée.

Dans ce cadre est prévue une journée d’étude, consacrée à l’examen critique des types de savoir liés au vin comme des formes d’écriture et de transmission des connaissances sur les vins entre 1450 et 1650, en Europe, en latin comme en vernaculaire. Entre recettes empiriques et analyse méthodique, mode descriptif ou normatif, lexique technique et formules littéraires, les traités et discours portant sur la fabrication et l’usage du vin sont multiples et variés. L’étude des dictionnaires et des traités reste encore embryonnaire. Les communications de cette journée viseront donc à montrer comment s’est constituée une science du vin, de la vigne au chai, et de ses usages dans les régimes de vie et de santé ou en cosmétique. Pourront être examinés aussi bien la constitution des lexiques savants dans le domaine vini-viticole que les techniques, anciennes et nouvelles, de plantation et d’entretien de la vigne, de lutte contre les maladies et de fabrication du vin, les usages diététiques et médicaux du vin que l’élaboration d’une réglementation et d’une législation sur sa fabrication, son transport, sa conservation, sa consommation.

Les propositions de communications doivent être renvoyées à Armelle Deschard et Jacqueline Vons pour le 15 juillet 2012.

 

Cette journée est organisée en collaboration avec l’Institut de la Vigne et du Vin.

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