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Les savoirs du vin en France de 1450 à 1750

 

Affirmer qu’il existe une culture du vin en France est une évidence. Il s’agit même en réalité de plusieurs cultures, en fonction des terroirs, de la manière de faire le vin, de la considération dont il jouit dans tel ou tel milieu, de la manière de le consommer. Les livres sur le vin sont multiples et vont de l’hagiographie à la condamnation, tandis que les arts figuratifs ont mis en valeur les couleurs des vins, ou au contraire ont montré les hideux effets de l’ivresse ; les traités techniques, autrefois réservé aux spécialistes, ont familiarisé le grand public avec le vocabulaire de la fabrication et de la conservation du vin. Symbole de longévité pour les uns, il est accusé de nuire à la vie par d’autres… « Beuvez toujours, vous ne mourrez jamais », écrivait Rabelais. Un siècle plus tard de jeunes docteurs en médecine s’interrogeront pour savoir s’il est vrai que le vin diminue la stature et réduise la vie de celui qui en boit.

Le projet « Les Savoirs du vin en France de 1500 à 1750 » se présente comme un volet original du projet Formes du savoir 1450-1750, dirigé à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine par Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux 3) et Pascal Duris (Bordeaux 1). Il doit contribuer à l’ancrage d’un projet de recherche universitaire dans un patrimoine régional, tant matériel qu’immatériel. Sa mise en œuvre s’étendra de 2013 à 2015, en collaboration avec d’autres projets parallèles, comme l’axe de recherches dirigé par le Professeur Ana Binet (Bordeaux 3), consacrée aux « mots du vin », ou avec des institutions comme l’Institut de la Vigne et du Vin, la région et le futur musée du vin de Bordeaux.

 

Méthode

Le projet s’articule autour de trois axes majeurs :

1. Constitution d’une bibliographie de textes sources imprimés se référant explicitement au vin avec un dépôt trimestriel sur le site. Ce travail de recensement, qui n’a encore jamais été fait, est cependant indispensable si l’on veut distinguer culture savante et savoir pratique, œnologie et simple manuel. La question des langues (grec, latin savant et latin technique, français et occitan) sera déterminante. On retiendra aussi bien les traités des propriétés du vin, des moyens de le fabriquer et de le conserver que ceux détaillant les usages ou le service du vin. Une collaboration avec des musées pourra être envisagée (objets, tableaux). Un chapitre particulier sera constitué par les rapports entre le vin et la médecine (thèses de médecine, traités médicaux, régimes de santé).

2. Journée d’étude en janvier 2013 avec publication : « Les savoirs du vin à la Renaissance ».

Il s’agira d’examiner, à partir de quelques cas précis (traités, discours, libelli, quæstiones) la variété des formes d’écriture et de transmission des connaissances sur les vins entre 1450 et 1650 en Europe, en latin et en vernaculaire, et d’étudier plus précisément la place du vin selon les milieux, les âges, le genre (voir l’argumentaire précis de la journée d’étude).

3. Transcription, traduction et publication d’extraits et de documents prévues sur le site ou sur papier, afin de constituer un corpus de textes jusqu’ici peu connus ou peu accessibles.

 

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