La constitution du projet

Contribution au tricentenaire de la naissance de l'Académie des Sciences

 

L'Académie des Sciences, des Arts et Belles Lettres de Bordeaux aura 300 ans en 2012. L'équipe de "Formes du savoir" a décidé de contribuer à la célébration de cet événement en suscitant et en accomplissant des travaux de recherches sur la première Académie (1712 - 1791), jusqu'aux confiscations révolutionnaires.

Cette partie du projet est conduite et encadrée par Violaine Giacomotto-Charra, Catherine Volpilhac-Auger et Aurélia Gaillard.

Violaine Giacomotto-Charra, directrice du projet, souhaite développer l'ancrage local du travail entrepris avec "Le livre scientifique" : une Académie des Sciences, sa bibliothèque, ses sujets de concours, les mémoires qu'elle reçoit et qu'elle distingue... constituent une forme originale du savoir qui apparaît à la fin de la période examinée par le projet. L’Académie construit un rapport nouveau au savoir : les formes de sociabilité scientifique, un souci nouveau de la pédagogie, la constitution de réseaux de correspondants, les relations avec les autres Académies, la place faite à  l'expérience, l'attention portée à l'écrit à travers les critères de rédaction des mémoires, les liens avec l'actualité scientifique internationale, nationale et parfois très locale... sont autant de paramètres de la constitution des savoirs qui méritent qu'on les examine.

Dirigeant actuellement l'édition des Pensées et de la Correspondance de Montesquieu, en préparation (5 volumes), Catherine Volpilhac souhaitait pour sa part explorer ce qui apparaît comme un champ majeur d'activité du philosophe, l'académie de Bordeaux: en témoignent ses échanges avec plusieurs académiciens des plus actifs (Barbot, les frères Sarrau), mais aussi le fait que Montesquieu fait agréger à l'académie des correspondants illustres (Silva, Folkes) ou dont il renforce la reconnaissance sociale tout en bénéficiant d'un apport étranger non négligeable (Venuti, Guasco). Le réseau social et intellectuel qu'il crée ainsi bien au-delà de la Guyenne est un premier aspect qui mérite étude.

L'intérêt pour les sciences, notamment sous la forme d'expériences, le développement des prix (qui renforcent l'aspect international de l'Académie), le souci de l'intérêt public, illustrent également un nouvel idéal que Montesquieu contribue fortement à définir. Le développement de la bibliothèque de l'académie (noyau de la bibliothèque municipale classée de Bordeaux) en est un aspect important. L'académie apparaît ainsi comme un laboratoire d'idées nouvelles et relève à ce titre du mouvement d'émergence des Lumières qui se développe sourdement durant la première moitié du XVIIIe siècle, et plus manifestement ensuite. Le rôle pionnier de cette académie mérite donc de susciter des recherches approfondies, à partir des fonds locaux, considérables (registres manuscrits, mémoires, catalogues, bibliothèque de l'académie, etc.) et quasiment inexploités à ce jour.

 

Dans la perspective du Projet, qui est aussi un projet de formation, tout un travail d'enquête et de catalogage a été confié à un étudiant de Master II Etudes Littéraires, par ailleurs en formation continue de bibliothécaire. Depuis l'été 2011, Julien Cussaguet accomplit ainsi un minutieux travail de dépouillement des catalogues et des manuscrits, de vérification des données, d'établissement des listes, avec l'aide précieuse de Nicolas Barbey, conservateur et chef des Fonds anciens et précieux, et de Louis Torchet, conservateurs général, responsable du département Patrimoine à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux, dépositaire des livres et des archives de l'Académie des Sciences.

Les résultats de cette enquête sont progressivement mis en ligne.

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