Publications de M. Kozluk

    L’Esculape et son art à la Renaissance.
    Le discours préfaciel dans les ouvrages français de médecine
    (1528-1628)

     

    L’auteur adopte une approche pluridisciplinaire, à la croisée des recherches sur la rhétorique et sur l’histoire du livre et étudie les aspects culturels et idéologiques de l’écriture médicale. La préface constitue un témoignage sur la situation de la médecine au e siècle et devient le lieu où les esculapes débattent de leurs propres méthodes et évaluent leur savoir en se livrant à une défense de la médecine savante.

    This book examines prefaces to French-language medical texts (1528-1628). Taking an interdisciplinary approach which combines research into rhetoric and book history, the author investigates the cultural and ideological aspects of medical writing.

    Paris, Garnier, 2012. Études et essais sur la Renaissance n°96. ISBN 978-2-8124-0522-8. Broché. 30 €.

     

    Le Cabinet du curieux. Culture, savoirs, religion de l’Antiquité à l’Ancien Régime.

    Sous la direction de Witold Konstanty Pietrzak et Magdalena Kozluk

     

    Dédié à Jean-Paul Pittion, cet ouvrage représente la uarietas de ses travaux consacrés à la littérature et ses relations avec la sociologie, la philosophie et la médecine ; les témoignages anciens de l’intérêt suscité par la condition physique de l’homme ; l’histoire du livre et l’histoire du protestantisme.

    Dedicated to Jean-Paul Pittion, this work represents the uarietas of his works devoted to literature and its relations with sociology, philosophy, and medicine ; ancient accounts of the interest provoked by man’s physical condition ; the history of the book and the history of Protestantism.

    Paris, Garnier, 2013. N° 78, 444 p., 15 x 22 cm Broché, ISBN 978-2-8124-0899-1, 49 €. Relié, ISBN 978-2-8124-0900-4, 74 €

     

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    Publications de P. Duris

    Traduire la science hier et aujourd'hui, Pessac, Presses de la MSHA, 2008. ISBN 2-85892-352-3

    Ce volume s’articule autour de la problématique suivante : pourquoi traduire, pour qui, comment ? Le besoin de traduction naît de la difficulté à comprendre le texte dans sa langue originelle ; pour autant, faut-il connaître la langue et/ou la science pour traduire ? Les auteurs contribuant à cet ouvrage s’interrogent sur la méthode à suivre pour traduire une langue technique avec le plus de justesse possible et éviter les écueils linguistiques et épistémologiques. Les recherches menées aboutissent à la conclusion que la traduction de textes scientifiques est une entreprise intellectuelle complexe, qui nécessite une profonde réflexion sur le monde scientifique.

    Les contributions réunies dans cet ouvrage ont été présentées à l’occasion d’une journée d’études ; elles s’appuient sur l’histoire des sciences et des idées, la linguistique, la philosophie et la littérature, et analysent le travail de traduction à différentes époques et dans divers champs scientifiques tels que l’astronomie, la botanique, la physique et la chimie. En étudiant les problèmes liés à la traduction des travaux de Gemma Frisius, Isaac Newton, Carl von Linné ou Carl Wilhelm Scheele, et en suivant l’histoire de traducteurs tels que Nicole Oresme, Claude de Boissière ou Pierre Coste, nous comprenons mieux les pièges de la traduction scientifique. Des femmes, telles que Émilie du Châtelet ou Madame Picardet, ont également traduit des ouvrages de science. Leur apport à la diffusion des nouveaux savoirs scientifiques est majeur et fait d’elles d’authentiques femmes de science : ici, traduire la science, c’est faire de la science.

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    Lisez

    Le compte rendu paru dans Isis ; S. Mandelbrote, Isis, 101 (1), 2010, p. 194
    Le compte rendu paru dans Histoire, épistémologie, langage ; J. Friedrich, Histoire Epistémologie Langage, 32 (2), 2010, pp. 167-169.
    Le compte rendu paru dans The Translator ; J. Peeters, The Translator. Studies in Intercultural Communication, 17 (2), 2011, pp. 451-453.

     

    - Histoire des sciences de la vie (avec Gabriel Gohau), Paris, Belin, 2011. ISBN : 978-2-7011-5987-4

    Cette histoire des sciences de la vie est nouvelle, non par son sujet, mais par son approche. En effet, l’habituel récit chronologique plus ou moins triomphaliste d’une science faite cède ici la place à une réflexion thématique sur le lent travail de la science en train de se faire.

    L’ambition des auteurs est de permettre ainsi au lecteur de comprendre comment se sont forgés les concepts fondamentaux de la biologie (espèce, évolution, fécondation, cellule, chromosome, réflexe, hormone, etc.) et comment une méthode expérimentale s’est progressivement imposée dans les sciences du vivant. Pour cela, l’ouvrage explore successivement l’histoire de la classification des espèces et des théories de l’évolution, celle des théories de la génération, de la théorie cellulaire et de l’émergence de la biologie moléculaire, et, enfin, l’histoire des idées sur les grandes fonctions de l’organisme.

    Ce récit vivant et d’une lecture accessible comblera aussi bien les étudiants et professeurs de SVT en collège ou lycée que les passionnés des sciences de la vie.

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    Publications de V. Giacomotto-Charra

    - La formes des choses. Poésie et savoirs dans La Sepmaine de Du Bartas, Toulouse, PUM, 2009.

    La Sepmaine ou creation du monde de Guillaume Du Bartas, ample réécriture des premiers versets de la Genèse, est un texte que l’on considère généralement comme relevant de la poésie scientifique de la Renaissance. Sa nature exacte, cependant (on a parlé à son sujet de poésie « didascalique », encyclopédique ou cosmologique, de poésie de la connaissance ou de poésie de la nature) comme celle du savoir qu’il transmet (« savoir médiéval » pour certains, La Sepmaine construit pour d’autres un « outillage mental » propre à l’épistémè de la Renaissance) demeurent incertains. Ces incertitudes nous invitent à faire l’hypothèse que c’est dans un écart peut-être surprenant avec la connaissance scientifique, qui relève aussi de pratiques d’écriture spécifiques, et non dans sa reproduction que le texte bartasien prend sens. La présence du Verbe au cœur de la création du monde comme de celle du poème est en effet le point de rencontre de toutes les interrogations sur le texte et invite à le lire sous l’angle de la question de la composition et de l’écriture, car c’est par la forme nouvelle imposée par la poésie à la matière scientifique choisie que le texte crée un monde nouveau. Nous voudrions donc, par l’étude des procédés divers de la reconstruction de cette matière scientifique, tenter à notre tour d’éclairer la poésie bartasienne, en essayant de comprendre la manière dont le poème « savant » s’enracine dans une réalité qu’il est en même temps appelé à modifier, pour produire au bout du compte à la fois son propre monde et sa propre définition de l’écriture, cette « nouvelle et bisarre methode » dont le poète réclame qu’on la lui laisse pratiquer.

    Une telle perspective, comme d’ailleurs la revendication mimétique exprimée par le poète, invite, dans un premier temps du moins, à considérer que le motif scientifique, poétique et topique constitué par la peinture du monde ne peut être étudié en dehors d’une connaissance relativement précise des théories de philosophie naturelle élaborées à la Renaissance. Cette exploration des écrits savants, qui est l’objet du premier chapitre, fournit ainsi un point de référence pour la mesure d’un écart et permet également de penser que l’écriture poétique du savoir prend naissance dans un cadre dont le caractère protéiforme est la source d’une inquiétude fondamentale, qui est aussi garante de liberté. Le second chapitre nous conduira à l’examen du discours théorique tenu par le poète lui-même sur son rapport à la science, et à la mise en scène du rapport au savoir au sein de ses textes. Puis du discours théorique à l’œuvre, nous essaierons de montrer comment le poème bartasien reconstruit un univers singulier en même temps qu’il élabore une pratique d’écriture. La question du poids de l’ordre du texte d’abord, celle de l’adéquation des mots et des choses, ensuite, seront abordées pour tenter de dégager in fine la signification du monde ainsi recréé et saisir comment s’élabore la juste adéquation du discours à la forme savante.

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    - Lire, choisir, écrire : la vulgarisation des savoirs du Moyen Age à la Renaissance, en collaboration avec Christine Silvi, Paris, Ecole Nationale des Chartes, 2014.

    L’analyse du livre scientifique, conduite dans le cadre du programme de recherche « Le livre scientifique : définition et émergence d’un genre – 1450-1850 », a fait émerger une interrogation sur la notion de vulgarisation, au cours de la longue période du Moyen Âge et de la Renaissance. L’idée de vulgarisation reste en effet, à ces époques, peu explorée ; quand elle l’est, c’est souvent de manière fragmentaire, en liaison avec un temps, une discipline ou un genre donnés. Or elle pose de nombreux problèmes ; on peut s’interroger sur la nature même de la vulgarisation, sur la pertinence du concept et du mot appliqués au Moyen Âge et à la Renaissance : est-elle la continuité naturelle de la science, son miroir, ou donne-t-elle naissance à un savoir différent, autonome ? Est-elle un genre, une forme, ou peut-elle prendre des formes variées ? Est-ce que des critères comme la simplification, le choix de la langue, l’illustration, le lectorat, sont pertinents ? Et le sont-ils toujours ? S’est également posée la question du vulgarisateur, ce troisième homme qui, sous l’aile des autorités, commence lui-même par lire, puis choisit, sélectionne  élimine, compile et, pour finir, modifie, réécrit. La vulgarisation entre-t-elle alors dans le champ de la création, comme une variation musicale sur la matière scientifique ?

    Deux journées d’étude, à Bordeaux en 2007 puis à Paris en 2008, ont permis à des chercheurs des deux périodes de se confronter à la diversité et la difficulté de ces questions : ce livre est le fruit de leurs travaux. Il se donne pour but de réfléchir à la notion, complexe car multiforme, de vulgarisation, à son statut, ses réalisations et ses applications du Moyen Âge à la Renaissance, sans l’attacher précisément ni à un genre donné,ni à une période limitée, ni à un type de savoir.

     

     

    - Lire Aristote au Moyen Age et à la Renaissance. Réception du Traité sur la génération et la corruption, avec J. Ducos, Paris, Champion, 2011. ISBN: 9782745321664

    La réception aristotélicienne est une longue histoire du savoir universitaire, et spécialement des fondements de la philosophie naturelle élaborés au Moyen Âge et à la Renaissance. Le traité Sur la génération et la corruption y occupe une place originale car, entre savoir commun et source d’une réflexion épistémologique, il est fondateur d’une approche du changement matériel et d’un cadre qui permet de comprendre comment une matière évolue, entre naissance et mort, altération et corruption, thématiques centrales au sein d’une étude de la matière animée, que ce soit celle du monde corruptible ou de la biologie. Le De generatione est oeuvre de commentaire ou d’enseignement, mais fonde aussi la physique, la biologie et la médecine en explicitant, pour la plupart des hommes lettrés, leur présence au monde.

    Le présent livre, issu des réflexions menées au cours de deux journées d’études, veut proposer des jalons nouveaux dans la compréhension de la lecture philosophique du texte et mettre en évidence la diffusion médiévale et renaissante des théories aristotéliciennes dans et hors des universités, et les diverses réfractions des commentaires aristotéliciens à la littérature en passant par les encyclopédies ou les textes politiques.

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    Publications de J. Vons

     

    Le médecin, les institutions, le roi.
    Médecine et politique aux XVIe-XVIIe siècles

    Paris, Cour de France.fr, 2012.

    Ouvrage numérisé inédit mis en ligne le 1er avril 2012 dans le cadre du projet de recherche "La médecine à la cour de France (XVIe-XVIIe siècles)", http://cour-de-france.fr/article234....

    L’ouvrage résulte de recherches menées dans le cadre du projet La médecine et la Cour de France, soutenu par le Centre d’études supérieures de la Renaissance (projet de recherche quadriennal 2006-2010) de l’Université François Rabelais de Tours et par Cour de France.fr. Le milieu sur lequel a porté cette étude est celui des médecins issus majoritairement de la Faculté de Médecine de Paris aux XVIe et XVIIe siècles, dans un contexte qui voit naître les premières tentatives du pouvoir royal pour coopérer avec les médecins dans l’intérêt public, mais aussi pour obliger la Faculté de Paris à accepter des changements de doctrine et de thérapeutique. Des données épistémologiques encore peu étudiées, par exemple l’existence d’un courant hippocratique fort – et de ses dérivés modernes - à l’intérieur d’une faculté généralement présentée comme un bloc galénique ont pu être ainsi dégagées. Cette étude est couplée avec la base de données Le Monde médical à la Cour de France, régulièrement mise à jour : http://cour-de-france.fr/article655.html

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    Le médecin, les institutions, le roi.

    Jérôme Fracastor, La Syphilis ou le mal français

    Syphilis sive morbus gallicus.

    Texte édité, traduit, présenté et annoté sous la direction de Jacqueline Vons, avec la collaboration de Concetta Pennuto et de Danielle Gourevitch, et le concours du Dr Jacques Chevallier, Paris, Les Belles Lettres, 2011 (coll. Les classiques de l'humanisme), CII et 168 pages. ISBN : 978-2-251-34499-7.

    Dans le vaste panorama des noms donnés à une infection d’une contagiosité et d’une gravité extraordinaires qui se diffusa à travers l’Europe à la fin du XVe siècle, prend place un hapax, le nom de «syphilis» qu’un médecin, poète et philosophe italien donna pour titre à un poème sur la maladie ; comment la Syphilis de Jérôme Fracastor, publiée à Vérone en 1530, devint le nom scientifique de la maladie est un phénomène probablement unique.

    Dédié à P. Bembo, le poème s'établit rapidement comme un des chefs-d'œuvre de la literature néo-latine et prit place parmi les épopées des temps nouveaux : «De nostre temps, Fracastoro s’est monstré tres excellent en sa Syphilis», écrira Ronsard. Mais c’est aussi l’œuvre d’un médecin. Fracastor décrit les signes et les remèdes de la maladie connus à son époque, mentionne ses différents modes de transmission et crée un mythe onomastique promis à un brillant avenir.

    L’introduction (CII pages) comprend plusieurs parties : elle s’ouvre sur un développement qui situe le nom de « syphilis » dans l’histoire des noms de la maladie (1. D. Gourevitch). Le poème, la Syphilis de Fracastor, d’abord replacé dans le contexte biographique, historique et culturel de son auteur et de sa composition (2. C. Pennuto et J. Vons), est analysé dans sa double fonction, épique et didactique (3. J. Vons), puis suivi dans sa double postérité, littéraire et scientifique (4. J. Vons). Après un rappel de la tradition éditoriale, une note sur le texte décrit les quatre éditions qui ont servi à l’établissement du texte et formule les principes de la présente édition (5. C. Pennuto).

    Traduction annotée (J. Vons) en regard du texte latin (C. Pennuto).

    Annexes : glossaire, lettres de Bembo et commentaires de Scaliger, bibliographie ((J. Vons) ; note sur Alfred Fournier (1832-1914), syphiligraphe et latiniste (Dr. J. Chevallier).

     

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    Pouvoir médical et fait du prince au début des temps modernes

    Édité par Jacqueline Vons et Stéphane Velut,

    Coll. Medic@, Bibliothèque interuniversitaire de Santé, De Boccard, Paris, 2011.

    ISBN : 978-2-915634-14-3

    Ce volume rassemble les actes du colloque international qui s’est tenu les 17 et 18 juin 2010, au Centre d’É́tudes Supérieures de la Renaissance et à la Faculté de Médecine de l’Université François Rabelais de Tours, dans le cadre élargi du programme « La médecine à la cour de France ». Les différentes contributions étudient la nature et les enjeux des relations complexes entre le médecin et le prince à la Renaissance et au début des temps modernes, à travers quelques figures emblématiques présentes au quotidien ou lors d’événements marquants dans les cours d’Europe ; Vésale, Paré, mais aussi Nostradamus, Duchesne, Mathys, de Heer, Rochefort … sont autant de facettes variées, parfois contradictoires, du médecin de cour. Si les interventions accrues du pouvoir royal dans les instances d’enseignement et de soins constituent les premières tentatives de codification de la profession, le médecin chargé de la santé du prince, connaissant son intimité en même temps qu’il doit rendre compte publiquement de sa pratique, jouit d’un statut privilégié, bien qu’incertain. La prescription et la prise de décision sont les marques de l’influence qu’il prétend exercer sur le corps et l’esprit de ses patients ; elles sont fondées sur un savoir disciplinaire, parfois sur un esprit de corps, mais plus souvent encore traduisent une véritable curiosité pour les innovations thérapeutiques (parfois encouragées ou mises à la mode par les princes) et pour les débats d’idées, reflets d’une culture à un moment précis de l’histoire.

    Liste des auteurs :

    J. Allemand, E. Berriot-Salvadore, V. Giacomotto-Charra, R. Gorris, M. Kozluk, D. Lippi, A. Lunel, S. Perez, J.-P. Pittion, P. Saint-Martin, S. Velut, J. Vons, G. Xhayet.

     

    Pratique et pensée médicales à la Renaissance

    Ce volume contient les actes du Colloque international d’études humanistes du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (Université François Rabelais de Tours et CNRS-UMR 6576), qui a réuni près de quarante chercheurs de disciplines, de formations et de pays différents autour d’un thème fédérateur et spécialisé : l’étude de la pratique et de la pensée médicales à la Renaissance.

    Cette période de profondes transformations a vu se côtoyer et s’opposer des théories anciennes et novatrices, des pratiques héritées du passé et des innovations sur le plan technique et thérapeutique. Outre l’étude des textes écrits du XVe au XVIIe siècle par des médecins qui ont réfléchi à la nature et à la finalité de leur art, ont été sollicités et mis en œuvre les résultats de découvertes archéologiques et d’examens scientifiques contemporains pour appréhender dans sa richesse et sa complexité la situation de la médecine à la Renaissance. En ce sens, le colloque a également permis une réflexion sur la médecine d’aujourd’hui, au cœur des débats scientifiques, éthiques et politiques concernant l’homme, sa santé et son environnement.

    Liste des auteurs :

    R. Adam, J. M. Agasse, D. Bacalexi, M. Biesbrouck, M. Caire, C. Campana, P. Charlier, S. Charreaux, P. Georges, L. Gerbier, D. Gourevitch, H. Hirai, R. Halleux, M. Kozluk, C. Kramar, M. L. Monfort, M. Nicoud, C. Pennuto, J. P. Pittion, M. E. Scheffer, C. van Hoorebeeke, M. Viallon, C. Viel, C. Warolin, V. Worth-Stylianou, G. Xhayet.

     

    André Vésale, Résumé de ses livres sur la fabrique du corps humain.

    Jacqueline Vons et Stéphane Velut

    Texte et traduction par Jacqueline Vons. Introduction, notes et commentaire par Jacqueline Vons et Stéphane Velut

    CXXI-282 p- cahier de planches. Paris, Les Belles Lettres,  "Science et humanisme", 2008.

    Voilà près de cinq cents ans que naissait à Bruxelles celui que l'on surnomma le « père de l'anatomie moderne ». André Vésale et son œuvre sont à l'origine de centaines de pages critiques, d'éloges et de polémiques dépassant largement le cadre médical. Abraham Bosse utilisa les figures anatomiques des traités de Vésale pour enseigner le dessin du corps humain en perspective. Baudelaire, fasciné, rêva devant des planches du « squelette laboureur » vendues sur les quais de la Seine. Ses livres furent copiés dans toute l'Europe pendant deux siècles au moins.

    Il reste à montrer l'apport de Vésale sur le plan scientifique. Le Résumé des livres sur la Fabrique du corps humain, que nous éditons et traduisons aujourd'hui, fut publié par Vésale en 1543. Ce n'est pas seulement un résumé en matière d'anatomie destiné aux étudiants, mais un ouvrage d'une indéniable originalité de méthode, qui construit le savoir à partir de l'observation et du raisonnement. Pour comprendre ses innovations, mais aussi ses limites, il a fallu replacer Vésale dans son milieu, dans l'enseignement universitaire de son temps, à Padoue en particulier, et dans le contexte des livres d'anatomie de la première moitié du XVIe siècle, écrits en latin, avant d'en recenser les copies et imitations ultérieures. Si le texte descriptif de l'Epitome se limite au minimum de connaissances à acquérir par l'étudiant, les planches mettent sous ses yeux l'intégralité du savoir anatomique enseigné par Vésale. Ces planches sont légendées, indépendantes du texte, et sont destinées à être découpées et manipulées pour « fabriquer » un corps humain en papier.

    Notre traduction du texte et des légendes des planches est la première traduction en français moderne. On constatera que la terminologie anatomique mise au point par Vésale est en grande partie à l'origine de la nomenclature anatomique internationale contemporaine. Celle-ci est systématiquement mentionnée, en même temps que le commentaire historique, philologique et anatomique (incluant identifications, explications et hypothèses) nécessaire à la compréhension. Pratiquement toutes les structures signalées par des lettres sur les planches ont été identifiées ; la description de certaines de ces structures de dissection particulièrement difficile révèle chez Vésale une extraordinaire acuité du regard. Le cahier de planches permet d'apprécier la précision scientifique du dessin en même temps que sa beauté.

     

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