Séminaire "Formes du savoir"

Imprimer
PDF

Présentation du séminaire "Formes du savoir"

Le séminaire "Formes du savoir" est le séminaire fondamental du projet. Il a pour but d'explorer les différentes questions soulevées par le thème même du projet : histoire matérielle du livre de science, lexique et problèmes de traductions, genre et formes des écrits savants, stratégies énonciatives, questions de style... Ouvert à tous, c'est aussi un séminaire de formation plus particulièrement destiné aux étudiants du Master HMPS (Histoire, Médiation et Philosophie des Sciences). Il donne la parole à des chercheurs confirmés, qui viennent y présenter leurs travaux, ainsi qu'à des doctorants.

Le séminaire a lieu le vendredi, de 13h30 à 16h30, dans la salle 2 de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine.

Imprimer
PDF

Calendrier du séminaire "Formes du savoir" 2014-2015

Les séances auront lieu le vendredi, de 14h à 16h30, à l'UFR Humanités (Université Bordeaux Montaigne bâtiment I, salle à préciser)

 

- Vendredi 30 janvier 2015 - Christophe Martin : "Fictions et savoirs philosophiques au XVIIIe siècle"

Résumé :

Jamais sans doute les liens entre fiction et savoir philosophique n’ont été plus étroits qu’au siècle des Lumières. D’un côté les philosophes recourent alors volontiers à des schèmes narratifs et fictionnels: la philosophie empirique impliquant l’usage d’une méthode historique et génétique, elle est fortement narrativisée, et marquée par la présence de prédicats actionnels et d’une temporalité puisqu’elle s’emploie à décrire une série de transformations entre un état initial et un état d’arrivée. Elle recourt en outre volontiers à des expériences de pensée de nature narrative et fictionnelle. D’un autre côté, toute une série de fictions (romans, contes, théâtre, dialogues…) s’efforcent alors non pas seulement d’être les vecteurs d’un savoir philosophique préalablement constitués, mais bien de devenir sujets d’une connaissance philosophique spécifique. En s’appuyant notamment sur l’œuvre de Montesquieu, Marivaux, Diderot et Rousseau, on tentera d’indiquer en quoi certaines fictions permettent, par leurs moyens propres, de déplacer certaines limites de la connaissance philosophique et de donner accès à des zones du savoir dont il n’existe (pour des raisons diverses) pas d’autres modes d’expression.

Présentation du conférencier :

Christophe Martin est professeur de littérature française à l’université de Paris-Sorbonne. Spécialiste du XVIIIe siècle, et en particulier de Fontenelle, Marivaux, Montesquieu, Diderot et Rousseau, ses recherches portent principalement sur les liens entre fiction, anthropologie et philosophie au XVIIIe siècle (Espaces du féminin dans le roman français du XVIIIe siècle, SVEC, Voltaire Foundation, 2004 ; « Éducations négatives ». Fictions d’expérimentation pédagogique au XVIIIe siècle, Garnier, 2010 ; La Religieuse de Diderot, Gallimard, 2010 ; Mémoires d’une inconnue. Étude de La Vie de Marianne de Marivaux, PURH, 2014). Il a (co)dirigé plusieurs volumes collectifs, parmi lesquels Violences du rococo, PU de Bordeaux, 2012, avec Jacques Berchtold et René Démoris ; Fictions de l’origine (1650-1800), Desjonquères, 2012 ; Les Lettres persanes de Montesquieu, PU Paris-Sorbonne, 2013 ; Rousseau et le spectacle, Paris, Colin, 2014 (avec Jacques Berchtold et Yannick Séité). Il fait partie du comité de direction des Œuvres complètes de Rousseau en cours de publication aux éditions Classiques Garnier.

 

- Vendredi 13 mars 2015 - Angela Axworthy : " La forme des traités de mathématiques d’Oronce Fine"

Résumé :

Le but de cette séance sera de présenter les différentes formes des traités de mathématiques d'Oronce Fine, premier lecteur royal de mathématiques sous François Ier. Seront notamment considérés les différences et les rapports entre la tradition des mathématiques « théoriques » et des mathématiques « pratiques » au sein de son œuvre, ainsi que la place qu'y occupent respectivement le latin et le français.

Présentation du conférencier :

Angela Axworthy a soutenu en 2011 une thèse intitulée Le statut des mathématiques en France au XVIe siècle : le cas d’Oronce Fine, sous la direction de Joël Biard (Tours, CESR). Elle a été ensuite post-doctorante au Max-Planck-Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin, et travaille depuis 2002 sur l’épistémologie des mathématiques de la Renaissance. Ses recherches actuelles portent sur le statut des mathématiques dans la pensée de mathématiciens français du XVIe siècle, en particulier Oronce Fine et Jacques Peletier du Mans, ainsi que sur le statut ontologique et épistémologique du mouvement en géométrie au sein de la tradition euclidienne renaissante.


- Vendredi 10 avril : table-ronde : "Difficultés et enjeux de la traduction des textes scientifiques anciens: sciences naturelles, mathématiques et médecine".

Avec Jacqueline Vons, traductrice de la Fabrica d'André Vésale, Sabine Rommevaux, traductrice de Thomas Bradwardine et Nicole Oresme et Stéphane Schmitt, traducteur de Pline.

Sabine Rommevaux :

Sabine Rommevaux est Directrice de recherche au CNRS et Présidente de la Société française d'histoire des sciences et des techniques. Mathématicienne de formation, elle travaille sur l'histoire des mathématiques, sur les rapports entre les mathématiques et  la philosophie naturelle, ou encore sur l'algèbre au Moyen Age et à la Renaissance.  Elle est spécialiste, entre autres, d'Euclide, de Campanus, de Thomas Bradwardine, de Nicole Oresme ou de Christophe Clavius. Elle a en particulier publié Clavius : une clé pour Euclide (Paris, Vrin, « Mathesis », 2005), une traduction commentée des textes de Thomas Bradwardine, Traité sur les rapports et Nicole Oresme, Sur les rapports de rapports (Paris, Les Belles Lettres, 2010) et, en collaboration avec J. Biard, une édition de Blaise de Parme, Questiones circa tractatum proportionum magistri Thome Braduardini (Paris, Vrin, 2005). Comme elle l'explique sur son site (http://sabine.rommevaux.free.fr/recherche.html), elle "s’interroge sur les fondements de cette discipline [les mathématiques], sur le statut de ses objets, sur ses liens avec les autres domaines de la connaissance. [Elle] aborde l’histoire des mathématiques en cherchant à ne pas la réduire à une sociologie, ni à une histoire contextuelle, mais à mettre en évidence les conditions d’émergence des concepts et des théories (ces conditions étant souvent internes aux mathématiques ou suscitées par d’autres domaines)" au Moyen Age et à la Renaissance.

 

Stéphane Schmitt :

Biologiste de formation, agrégé et ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris, Stéphane Schmitt a entrepris un DEA puis une thèse en histoire de la biologie sous la direction de Michel Morange. Ce travail, portant sur l'histoire des conceptions relatives à la répétition des parties chez les organismes vivants (de la fin du 18e s. à nos jours), l'a amené par la suite à étudier les transformations de disciplines biologiques telles que l'anatomie et l'embryologie et l'émergence des sciences de l'évolution, avec un intérêt plus particulier pour la période 1750-1850. C'est sur la base d'un programme de recherche proposant un approfondissement de ces questions qu'il a été recruté au CNRS en tant que chargé de recherche puis directeur de recherche (dans le groupe SPHERE, Paris). Une grande partie de ses travaux de recherche porte sur les travaux de Buffon et leurs suites, et il dirige notamment une édition critique des œuvres complètes de ce naturaliste (Paris, Honoré Champion, 2007-, 8 vol. parus en 2014). Il a également réalisé une nouvelle traduction complète de la Naturalis historia de Pline (Paris, Gallimard, 2013).

 

Jacqueline Vons :

Titulaire d’une double maîtrise, de langue et littérature romanes à l'Université Libre de Bruxelles puis de lettres classiques à l'université de Tours, agrégée de lettres classiques, docteur en études latines, habilitée à diriger des recherches, J. Vons est qualifiée aux fonctions de professeur en lettres classiques et en histoire de la médecine. Elle a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles consacrés à l'étude des savoirs médicaux et aux modalités de leur transmission de l'antiquité à la Renaissance : L'image de la femme dans l'œuvre de Pline l'Ancien, Bruxelles, Latomus, 2000 ; Mythologie et médecine, Paris, Ellipses, 2002 ; L'épilepsie à la Renaissance, n° spécial de la revue Épilepsies 2008 ; Pratique et pensée médicales à la Renaissance, actes du Colloque de Tours (juin 2007), Paris, De Boccard-BIUSanté, 2009 ; Jérôme Fracastor. La Syphilis ou le mal français, texte établi, traduit, présenté et annoté sous la direction de Jacqueline Vons, avec la collaboration de Concetta Pennuto et  Danielle Gourevitch et le concours du Dr Jacques Chevallier, Paris, Les Belles Lettres, 2011 (sous presse) ; Pouvoir médical et fait du prince au début des temps modernes, co-édité avec Stéphane Velut, actes du Colloque de Tours (juin 2010), Paris, De Boccard-BIUSanté, 2011 (sous presse).

 

Spécialiste des textes médicaux latins, elle travaille en association avec Stéphane Velut à l’édition, traduction et commentaire de l’œuvre d’André Vésale dans le cadre du « projet Vésale » (2012-2015) avec la BIU Santé. Le Résumé de la Fabrique du corps humain a été publié à Paris (Les Belles Lettres) en 2008.

Lire la suite...